Avant d'évoquer avec vous la maltraitance de nos animaux dits domestiques,
je voudrais aborder ici un autre sujet:
l'élevage industriel d'animaux, dans un but laborantin ou culinaire.
Et là nous avons une réponse précise sur le bien être animal certifié par notre coup de fourchette : une bête stressée lors de l'abattage ne donnera que de la viande trop dure, à vrai dire tout à fait impropre à la consommation quand on est gourmet ou gourmand, et le plus étrange, car incompréhensible, un animal ayant passé sa vie dans de verts pâturages, accompagné du chant joyeux des oiseaux de taillis, donc heureux, donnera une viande goûtue qui ravira nos papilles.
De là à en conclure que le bonheur simple de vivre sur cette Terre semble être partagé par tous il n'y a qu'un pas ! Pas que franchissent d'ailleurs allègrement nos concitoyens chasseurs, qui en rajoutent sur le bonheur qu'ont les animaux à vivre libres, loin de nous: leur gibier sauvage ne donne-t-il pas la viande la plus savoureuse qui soit ?
Nous ne mangeons pas nos chiens, en tout cas cela ne semble pas courant, mais soyez assuré que le bon goût consiste tout de même à les laisser heureux de vivre.
Batistin artiste, président de CHEZ XYZ association artistique.
La Maltraitance animale ou la honte collective.
Le Code civil reconnaît que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Mais, dans le même temps, il précise qu’ils restent soumis au régime juridique des biens, sous réserve des lois qui les protègent.
Le Code rural va un peu plus loin dans la protection concrète. Il pose que tout animal, en tant qu’être sensible, doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. Il interdit également les mauvais traitements envers les animaux domestiques, ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité. Le Code rural ne concerne donc pas seulement les vaches et les cochons.
Le Code Moral hurle ou détourne le regard, chacun y survit à sa façon.
Le Code pénal sanctionne. Pour les sévices graves ou les actes de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, la loi prévoit aujourd’hui jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Lorsque les faits entraînent la mort de l’animal, les peines peuvent aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Mais entre ce que la loi permet et ce que les tribunaux prononcent réellement, il y a un monde.
Le ministère de la Justice vient justement de publier une étude portant sur dix années de traitement judiciaire des délits de maltraitance animale. Entre 2016 et 2025, 21 700 personnes ont été mises en cause dans ces affaires. Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin sur ce point précis, l’étude du ministère est ici : Une décennie de traitement judiciaire des délits de maltraitance animale — ministère de la Justice
Mais la maltraitance ne commence pas au tribunal. Elle peut être beaucoup plus banale. Un animal que l’on laisse sans nourriture ou sans eau. Un animal malade que l’on ne soigne pas. Un chien maintenu dans des conditions qui ne correspondent pas à ses besoins. Un animal abandonné. Des violences. Des actes de cruauté.
Le droit distingue ces situations. Toutes ne constituent pas la même infraction et toutes ne sont pas punies de la même manière.
Alors, que faire lorsqu’on est témoin ? D’abord, ne pas jouer au héros.
Si l’animal est en danger immédiat, il faut appeler les services capables d’intervenir : 17 pour la police ou la gendarmerie.
Pour une situation qui ne relève pas de l’urgence, on peut effectuer un signalement auprès des services compétents de l’État ici :
Signaler une maltraitance.
Une association de protection animale peut également conseiller et orienter.
Les refuges pour animaux:
Un refuge n’est ni la police, ni la justice. Il ne condamne personne. Il ne prononce pas de peine. Son travail est autre.
Accueillir un animal. Le soigner. Le nourrir. Le mettre à l’abri. Le garder parfois longtemps. Lui trouver ensuite, si c’est possible, une nouvelle vie. Et lorsqu’un animal doit être retiré à son détenteur dans le cadre d’une procédure, les associations de protection animale peuvent aussi intervenir dans sa prise en charge.
La loi prévoit notamment que certains animaux confisqués puissent leur être remis.
Tout cela demande du temps, de l’argent, des locaux, et des bénévoles qui prennent soin de ceux qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes.
Venez les rencontrer, et les animaux, au refuge de Digne Les Bains le samedi 3 octobre 2026.